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Documentation >  *Introduction aux textes de référence du hok > 2.1. La MICHNA (Rav Schlomo Tolédano - Jerusalem) >
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                                                         La Michna                                                 
Rav Shlomo Toledano
a. Historique succinct de la loi orale
La Loi Orale codifiée dans la Michna est un texte comprenant un nombre impressionnant de controverses entre les Sages dans le domaine de la Halakha.
Précisons tout de suite qu'à l'origine, la controverse n'existait pas dans le monde de la Tora : Pourquoi ? D’une part parce que tout ce qui était transmis était reçu et pour les problèmes posés, le Sanhédrin tranchait. Ce fut ainsi le cas pendant mille trois cents ans, depuis Yéhochoua’ (Josué) jusqu'à quarante ans avant la destruction du second Temple. Pendant ces quarante années, le peuple Juif connut une époque tourmentée et troublée. Ce contexte n’était pas propice à l'étude de la Tora et la qualité de sa transmission commençait petit à petit à devenir un problème préoccupant.
 
C’est dans cette atmosphère que le monde de la Tora va connaître la controverse, pratiquement pour la première fois (Tossefta ‘Haguiga, 2, 4.) C'était l'époque de l’Ecole de Chamaï* et de l’Ecole de Hillel*.
Les malheurs continuèrent de s'abattre sur le peuple Juif qui va connaître successivement :
- la destruction du Temple, accompagnée du massacre d’un nombre de Juifs impressionnant : à Jérusalem seulement, plus d'un million, nous apprend Flavius Joseph dans « Guerres des Juifs, 6, 9. »
- Persécutions de Trajan, d'Adrien, puis soixante ans plus tard, destruction de Beitar avec encore massacre de plus de deux millions de Juifs. C’est dans cette ambiance que les controverses vont se multiplier dans le monde de la Tora.
 
La Guémara « Guitine Samekh beth », s’appuyant sur le verset Chémote 34, nous apprend que depuis Moché (Moïse), il était interdit d'écrire la Loi Orale*.
Cependant, compte tenu de tous ces malheurs, Rabbi Yéhouda Hanassi, considérant que l’existence même de cette Loi Orale était en jeu, décida de compiler ce qui était nécessaire pour que celle-ci ne tombe pas dans l’oubli. Il s’est appuyé sur le verset (Téhilim 119.126) « ‘Eth La’assote Lachem Héférou Toratékha », (Le temps est venu pour L’Eternel : on a violé Ta Loi).
 
C’est ainsi qu’une petite partie seulement fut mise par écrit de manière à servir de support à toute cette masse que constitue la Loi Orale. Ce choix témoigne de la grande Sagesse et de l’inspiration qui habitaient Rabbi Yéhuda Hanassi. Le travail fut achevé avant son décès en l'année 219, un peu moins de 150 ans après la destruction du second Temple (Voir Lettre de Rav Shérira Gaone).
Les Sages qui figurent dans la Michna, sont ceux qui ont vécu dans l’intervalle de ces deux siècles environ: de quarante ans avant la destruction du second Temple jusqu'à 150 ans après cette destruction, ces Sages s'appellent "Tanaïm*" (Tana au singulier), par opposition aux Sages de la Guémara qui vécurent pendant les trois siècles suivants, et qui sont nommés "Amoraïm*". Les Tanaïm - on en compte environ 170 - sont donc les acteurs des controverses de la Michna.
b. Méthode
La Michna se présente comme un code de lois. Les Halakhote n'y sont pas démontrées. En d'autres termes, les sources et les raisons des Halakhote n'y sont pas exposées. Ce sera l'objet du Talmud. Souvent, les Halakhote ne sont pas formulées sous forme de règles générales. Leur énoncé est casuistique.
 
Par exemple le gigantesque traité "Kélim" dont le but est de présenter les différents ustensiles susceptibles de capter la "Toum'a" (=la souillure), aurait pu être très abrégé en présentant seulement les règles générales qui déterminent l'aptitude des ustensiles à recevoir la "Toum'a". Mais il n'en est pas ainsi. Le traité est une longue liste d'ustensiles de l'époque, et la Michna précise pour chacun d'eux s'il est susceptible d'être "Tamei" (impur) et dans quelles conditions.
Il semble que l'explication de cette approche, est qu’il est impossible d'enfermer la réalité dans des règles générales, cette réalité étant pleine d'exceptions.
 
La Michna ne contient pratiquement pas d'Agada* (=textes homélitiques).
Alors que le Talmud de Babylone est composé environ de deux parties presque égales, Halakha et Agada, cette dernière représente, dans la Michna moins d'un pour cent de son contenu qui reste donc essentiellement un texte de Halakha.
c. Contenu de la Michna
     c1. L’organisation en volumes et traités
            La Michna se compose des six ordres suivants:
·       Zéra’im traitant des Halakhote concernant l'agriculture (Chémita, Croisements, offrandes aux Cohanim et aux Léviim, etc…).
·       Mo’ed relatif aux Halakhote concernant le Chabat et les fêtes.
·       Nachim traitant les sujets de la famille.
·       Nézikine qui contient les Halakhote concernant le droit civil et le droit pénal.
·       Kadachime traitant les Halakhote du Beit Hamikdach* et des sacrifices.
·       Taharote qui contient les Halakhote sur la pureté et d'impureté.
Ces volumes s'appellent en hébreu "Sédarim" (au singulier "Séder"). Chacun de ces "Sédarim" contient un certain nombre de traités, nommés en hébreu "Massékhtote" (au singulier « Massékhéte »). Au total la Michna contient 63 Massékhtote. A l'origine, la Michna contenait 60 Massékhtote, mais deux longues Massékhtote, nommées à l'origine Nézikin et Sanhédrin - furent divisées en 5 Massékhtote; Nézikine fut divisée en Baba Kama, Baba Métsi’a, Baba Batra, et l'ancienne Sanhédrine fut divisée en la nouvelle Sanhédrine et en Makote. Chaque massékhete est divisée en "Pérakim" (chapitres), et chaque "Pérek" est divisé en "Michnayote" (Michna au singulier). Chaque Michna contient un certain nombre de Halakhote. L'œuvre entière contient au total 522 Pérakim.
 
c2. La Michna : une petite partie de la loi orale
La Michna – nous l'avons dit – ne contient qu'une petite partie de la Loi Orale. D'autres œuvres étaient destinées à la compléter. Il s'agit des "Baraïtote". Les Baraïtote furent compilées aussi par les Tanaïm*. La Michna – nous l'avons dit déjà – ne contient pas ses démonstrations. Celles-ci se trouvent dans les "Midreshei Halakha", tels que la Mékhilta, le Sifra et le Sifré. Et les "Midreshei Halakha" aussi furent compilés par les Tanaïm. L'ensemble des œuvres des Tanaïm (Michna, Baraïtote, Midreshei Halakha) servira de matière première aux débats du Talmud. Plusieurs Tanaïm qui n'ont pas été cités dans la Michna, le sont dans ces œuvres, de telle sorte que le nombre total des Tanaïm dépasse les 300.
 
c3. Atmosphère de la transmission et place de la controverse
La Michna baigne dans un climat de tradition. La transmission transparaît à travers tous ses textes. La plupart des controverses entre les Tanaïm ne sont dues ni à des lacunes dans la transmission, ni à des accidents dans la transmission. Dans la plupart des controverses, les deux parties se réfèrent au même texte reçu, mais le comprennent différemment. De plus, la plupart des controverses se réfèrent à un seul détail parmi un grand nombre de détails faisant l'unanimité.
 
Un exemple: la première Michna de Massékhéte ‘Haguiga nous dit:
« Chacun est tenu d'accomplir la Mitsva* de «Réiyah »,  (La "Réiah" est le pèlerinage au Beit Hamikdach pendant les 3 fêtes, accompagné d'un holocauste nommé  « olat Réiyah ») à l'exception du sourd, du fou, du «Katane» (petit, enfant), du Toumtoum (personne de sexe incertain), de l'androgyne, des femmes, des esclaves non libérés, du boiteux, de l'aveugle, du malade, du vieux, et de quiconque ne peut monter à pied. Qui est considéré comme «Katane»? Quiconque ne peut s'installer sur les épaules de son père pour monter de Jérusalem à la montagne du Temple – parole de l’Ecole de Chamaï*; l’Ecole de Hillel* disent: quiconque ne peut tenir la main de son père pour monter de Jérusalem à la montagne du Temple".
      En d'autres termes, l'enfant, dans le cas de la «Réiah», est pour l’Ecole de Chamaï, un enfant de moins de deux ans, et pour l’Ecole de Hillel, un enfant de moins de cinq ans.
 
            Remarquons d'abord que la controverse entre l’Ecole de Chamaï et l’Ecole de Hillel porte sur un seul élément : le «Katane», parmi 12 éléments. En fait l’Ecole de Chamaï et l’Ecole de Hillel sont d'accord sur 12 éléments, puisqu' ils sont d'accord aussi sur la Mitsva de «Réiah». Le pourcentage des controverses est donc minime par rapport à celui de l'unanimité. Et c'est le moment de dire qu'il en est presque toujours ainsi. Bien plus, l’Ecole de Chamaï et l’Ecole de Hillel sont d'accord sur le fait que, contrairement à ce qui est admis dans toute la Loi Orale, le « Katane » ici n'est pas un enfant de moins de 13 ans et un jour, mais un tout petit enfant. La controverse est de savoir s'il doit avoir plus de cinq ans, ou s'il s'agit même d'un enfant de plus de deux ans. Précisons que du point de vue de la Tora, la Mitsva ne peut concerner qu'un enfant de plus de treize ans. La controverse donc, ne porte pas sur une Mitsva de la Tora, mais sur une Mitsva des Sages.  
 
            Remarquons ensuite que la controverse porte sur la compréhension du texte traditionnel. Elle ne porte pas sur un problème né des conditions historiques de l'époque. Elle ne représente pas non plus des idées inventées par l’Ecole de Chamaï et l’Ecole de Hillel. La controverse concerne le commentaire du terme «Katane». Les malheurs du peuple Juif ne touchèrent pas la mémoire, ils touchèrent la compréhension, et ceci même, de manière superficielle.
 
            Remarquons enfin que la controverse sur le troisième élément ne commence qu'après l'énumération de tous les douze éléments. Ce qui prouve que la partie de la Michna qui précède la question «Qui est considéré comme enfant? », était le texte traditionnel sur lequel porte la controverse entre l’Ecole de Chamaï et l’Ecole de Hillel. Comme nous l'avons dit plus haut, la Michna ne comportait pas à l'origine, de controverses. La controverse n'apparut pratiquement qu'à l'époque de l’Ecole de Chamaï et de l’Ecole de Hillel, 1300 ans après Moise. La controverse représente donc une couche supplémentaire insérée dans la Michna.
 
            La controverse est donc un phénomène mineur dans le monde de la Tora. Le climat général de la Tora est un climat de tradition bien fondée. Et la controverse elle-même, ne représente – selon le Maharal* et bien d'autres Sages –
que les différentes faces de la Vérité absolue. Cette Vérité ne peut être captée dans sa totalité par l'esprit humain, mais peut être vue sous des angles différents correspondant aux différentes opinions énoncées par nos Sages dans leurs controverses.
 
d. Pourquoi la Michna occupe-t-elle une place importante dans le ‘Hok-lé-Israël ?
Les auteurs du ‘Hok-lé-Israël ont affecté les six Sédarim de la Michna à chaque jour de la semaine, du dimanche au vendredi, à raison d’un chapitre par jour pris successivement dans l’ordre des traités : 324 chapitres soit environ deux tiers du total, alors que les extraits de la a Guémara représentent un tout petit pourcentage.
 
La Michna tient donc une place prépondérante dans le ‘Hok-lé-Israël. Trois raisons à cela ; d’abord parce qu’elle sert de base pour la Guémara et la Halakha, ensuite, la Guémara, compte tenu de son énorme volume, ne permettait pas qu’on lui affecte une place significative dans une étude de courte durée, et enfin parce que le ‘Hok-lé-Israël ayant été introduit au 16 ème siècle, la Michna s’est trouvée dans un contexte favorable pour occuper une place importante.
 
En effet à cette époque, se produisit un retour massif à la Michna, après un abandon de quelques siècles au profit du Talmud :
-. C’était l'ère des commentaires classiques de la Michna avec Barténora*, «Tossefote Yom Tov» et «Mélékhete Chélomo», sans oublier la campagne menée par le Maharal en faveur de son retour dans le monde de l’étude.
- En terre d’Israël, de grands spécialistes de la Michna se sont révélés, et parmi eux : Rabbi Yéhossef Ashkenazi, Rabbi Souliman Ohanna et Rabbi Chélomo Haadani auteur du Mélékhéte Chélomo.
- Enfin c'était surtout l'époque de Marane Rabbi Yossef Karo - l'auteur du «Choul’hane Aroukh*» - qui connaissait toute la Michna par cœur. Il en récitait tous les jours 18 chapitres, et était visité quotidiennement par un «Maguid» (un d'ange) qui se présentait ainsi: « Je suis la Michna ».
 
Nos maîtres enseignent que chaque Mitsva entraîne la création d’un ange (Pirké Avote) et c’est cet ange créé par l’étude assidue de la Michna qui s’était dévoilé à Rabbi Yossef Karo*.
 
 
Rav Shlomo Toledano
 
Le Talmud (Michna + Guémara) : Schéma Syoptique
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