G 0085 - Guémara pour jeudi:
Extrait du traité Zéva’him, p.19b
Ce qui invalide le service du grand prêtre à Yom Kipour
a. Introduction: Selon la première michna du deuxième chapitre de Zéva’him (15b), un sacrifice est invalidé si le Kohen ne s’était pas lavé les mains et les pieds avant d’effectuer les rites requis.
Où l’Ecriture fait-elle référence à ces ablutions et aux différentes immersions du grand prêtre à Yom Kipour? Nous allons le voir dans le texte ci-dessous.
b. Traduction du passage
Le fait qu’un Kohen qui ne s’est pas lavé les mains et les pieds invalide le sacrifice se déduit d’une analogie sémantique (« Guézèra Chava* »). En effet, à propos de ces ablutions, la Tora emploie l’expression ‘Houkate ‘Olam (« loi éternelle » ; voir Chémote 30,21) que l’on trouve aussi au sujet du Kohen qui invalide le sacrifice s’il a effectué son Service sans les vêtements requis (voir ibid. 29,9). ((>))
A ce sujet, la Guémara rapporte la baraïta * suivante:
Le jour de Kipour, le grand prêtre doit mettre des « vêtements blancs » pour les rites effectués dans le Hèkhal et des vêtements en or pour les rites pratiqués à l’extérieur de cette partie du Temple. Chaque fois qu’il change de vêtements et entre chaque rite, il doit s’immerger dans un bain rituel et se laver les mains et les pieds avant d’enlever ses habits et après avoir mis les autres. Cependant, s’il ne l’a pas fait, le Service est valable. Que ce soit le grand prêtre ou un simple Kohen invalident le Service s’ils n’ont pas procédé, le matin, aux ablutions rituelles des mains et des pieds.
A ce propos, Rav Assi demanda à Rabbi Yo’hanane: Puisque les cinq immersions et les dix ablutions rituelles du grand prêtre à Kipour se déduisent du fait que l’Ecriture emploie à leur propos le terme de ‘Houka (voir Vayikra16,34), pourquoi le Service reste-il valable sans elles?
Rabbi Yo’hanane lui répondit: A propos du port des vêtements, la Tora utilise une formule répétitive (ibid.16,4): « Il revêtira la tunique de lin… des caleçons de lin… Il baignera son corps dans l’eau et les revêtira ». Par cette insistance, l’Ecriture laisse entendre que seul le port des vêtements sacerdotaux est indispensable, et rien d’autre.
Rav Assi, atteste la Guémara, fut tout réjoui de cette réponse et son visage s’illumina.
Mais Rabbi Yo’hanane tempéra sa joie en lui disant: En vérité, mon explication est aussi inconsistante que la lettre Vav écrite sur un bout de bois ! En effet, tu aurais pu m’objecter: S’il en est ainsi, les ablutions du matin ne devraient pas non plus être indispensables – or selon la baraïta rapportée ci-dessus, le Service est invalidé si elles n’ont pas été effectuées !
Cependant, ajoute la Guémara, on peut réfuter cette objection en se fondant sur une déduction exégétique. En effet, il est écrit (Chémote 30,21): « Ils se laveront les mains et les pieds pour ne pas mourir. Ce sera une loi éternelle pour eux et leur descendance dans toutes leurs générations ». Selon ‘Hizkiya, ce verset laisse entendre que seules les ablutions du matin, imposées aussi aux simples Kohanim, sont indispensables pour le Service du grand prêtre – mais pas les suivantes qui le concernent personnellement.
Rabbi Yonatane déduit la même idée de cet autre passage biblique (ibid. 40,30-31): « Il installa le bassin… Moché, Aarone et ses fils devaient s’y laver les mains et les pieds ». D’après lui, ce verset laisse entendre que seules les ablutions rituelles du matin, imposées aussi aux simples Kohanim, sont indispensables pour le Service du grand prêtre.
Pourquoi Rabbi Yonathane n’ a-t-il pas admis la preuve avancée par ‘Hizkiya? Il te répondra: Le verset qu’il a cité vient enseigner que cette règle s’applique aux générations à venir – et non pour comparer le grand prêtre aux autres Kohanim.
Et pourquoi ‘Hizkiya n’a-t-il pas invoqué le même verset que Rabbi Yonatane? Il s’en sert, comme Rabbi Yossè bar ‘Hanina, pour en tirer cette autre règle: On ne peut utiliser le bassin pour les ablutions rituelles s’il ne contient pas assez d’eau pour laver les mains et les pieds d’au moins quatre Kohanim.
|